Jeanne Bergevin

Montréal, 27 mars 2019

Cher monsieur Bélanger, 

Directeur de l’école St-Juste

Montréal, Qc.

Objet : suicide

Vous savez tout comme moi, que le suicide chez les jeunes est un phénomène en hausse dans notre société. Aujourd’hui, je veux donc vous faire part de mes commentaires suite aux actions que vous avez posées,  en réponse au suicide de l’un de vos élèves, Samuel Lemaire.  

Les mesures que vous avez prises, signifiaient la non urgence de la situation pour vous. L’engagement d’une firme en psychologie extérieure à notre collège, démontrait votre inconscience et la méconnaissance des difficultés rencontrées  par certains d’entre nous.  

 En effet, votre discours formaté à l’avance et récité comme un politicien devant les élèves de toutes les classes, 2 jours après le suicide, m’a paru vide de sens et sans intérêt. La situation nécessitait une intervention plus rapide. La loi 56 du code criminel visant  à agir rapidement en cas d’intimidation et de suicide dans les écoles, ne fut pas respectée dans votre situation concernant le suicide de Samuel Lemaire. Ce sont probablement plus ses absences qui vous dérangeaient. Le dossier d’absentéisme devait peut être aussi trainer sur votre bureau. Malheureusement, vous n’avez que réciter un speech vide de sens dans chacune des classes, n’aidant aucunement à la situation. Sincèrement, je crois que votre réputation va en prendre un coup quand  le ministère de l’éducation apprendra la nonchalance avec laquelle vous nous avez parlé via la bouche des parents.

Je me permets comme élève, de vous rappeler que : «Toutes les écoles doivent disposer d’un plan de lutte à l’intimidation, avoir pris des mesures concrètes et avoir une équipe en chargepour lutter contre  l’intimidation et le suicide,selon le Ministre de L’éducation des Loisirs et des Sports,  Sébastien Proulx.»(https://ici.radiocanada.ca/nouvelle/1069712/suicide-simon-dufour-ecole-examen-.La loi sur L’Instruction publique du Québec va dans le même sens. ( Article 96.7.1) Dans la majorité des écoles, lorsqu’un suicide d’un adolescent est connu de la direction, cette dernière doit tout de suite former un comité d’intervenants d’urgence pour la gestion de cette crise Or, la psychologue engagée faisait partie de quelle équipe ? Ce fut une perte de temps, car elle rencontrait des numéros  de fiches et des codes permanents sur des dossiers, avant de rencontrer des élèves.  

Si vous aviez fait votre travail, vous auriez réuni un travailleur de rue du secteur de l’école St-Juste, un travailleur social, un psychologue, un enseignant, une infirmière et un policier-éducateur. L’école  doit être interpelée à aller plus loin dans l’analyse de la situation. Par exemple, la victime a t-elle été intimidée à l’école, sur internet, qui étaient ses amis?  Madame Borduas était subjective dans ses interventions.  Elle catégorisait les élèves,  en nous demandant à quelle gang on appartenait.  Quant à moi, les rencontres obligatoires pour  tous  s’apparentaient  à une gestion de cans de been sur une chaîne de montage.Quel beau «speed dating!  Saviez-vous que les rencontres ne devraient pas être obligatoires, mais facultatives ? Saviez-vous qu’elles risquaient d’étirer inutilement le chagrin de certains élèves ?  En fait, vous n’aviez pas d’équipe d’intervenants à l’école qui puisse nous aider à long terme et ce, peu importe le problème.  Je vous invite à lire l’article du Journal de Montréal Moins de psy dans les écoles écrit par la journaliste Dominique Scali. Au cœur de cet article, Tina Montreuil, psychologue et chercheuse à l’Université McGill, observe que le rôle du psychologue est souvent mal compris en milieu scolaire. «Le rôle du psychologue scolaire doit être révisé», surtout pour faire plus de prévention en santé men­tale, insiste-t-elle.

La psychologue est donc une ressource de plus en plus rare dans les écoles du Québec. En fait, si vous voulez connaitre la vérité, je suis allé rencontré madame Borduas, seulement pour manquer un bout de cours et ce fut la même chose pour la plupart des élèves. Croyez-vous que le souvenir du suicide de Lemaire est enterré?

Bien à vous.

Martin Simard

Élève 5esecondaire

Numéro de fiche 15 00 765

Code permanent : SIMA-30-33-32-00

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